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Les "Midis" de la montagne ardéchoise

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18 mai 2025

* Un devoir de mémoire

titre bandeau

 

Et en parlant de son régiment, Maurice Genevoix écrivait:

"Le nôtre, rien que le nôtre, en a semé des centaines sur ses pas. Partout où nous passions, les petites croix se levaient derrière nous, les deux branches avec le képi rouge accroché. Nous ne savions même pas combien nous en laissions : nous marchions… »

 « Ceux de 14 »  Maurice Genevoix.

devoir de mémoire 1

Accueil

Bienvenue sur le blog dédié aux combattants de 14-18 originaires

de Saint-Etienne de Lugdarès.

 

Un devoir de mémoire

Par ces quelques pages, nous voulons rendre hommage à ces Ardéchois ceux qui se sont illustrés anonymement sur les champs de bataille de France où d’Orient. Verdun,  Dieuze, l’Yser, des noms qui résonnent dans la mémoire collective. Que ceux que nous avons appelés pour illustrer ce devoir de mémoire soient les porte-paroles de tous leurs frères d’armes. Ils méritent tous qu’on les fasse revivre, reconnaissance éphémère, ne fut-ce que le temps de quelques lignes, le temps d'un souvenir.

Ils méritent tous qu’on les fasse revivre, reconnaissance éphémère,

ne fut-ce que le temps de quelques lignes, le temps d'un souvenir.

 

  Faisons-les revenir du passé

pour parler d'eux au présent

mam blogLe monument de Saint-Etienne de Lugdarès

 Même si les morts ont un monument pour rappeler leur sacrifice, ils restent, comme la plupart de leurs frères d’armes  blessés, prisonniers voire rescapés, des anonymes, des inconnus dont l’Histoire n’a retenu qu’un nom relevé au gré des pages d’un JMO régimentaire. Des hommes pourtant honorés par des écrivains qui combattaient à leurs côtés.

« Dans la boue des relèves, sous l’écrasant labeur des corvées, devant la mort même, je vous ai entendu rire : jamais pleurer », disait d’eux Roland Dorgelès ou Maurice Genevoix, blessé par le feu d’une mitrailleuse aux Eparges en 1915, qui écrira : « Ils auront peur, c'est certain, c'est fatal; mais, ayant peur, ils resteront ».

ils partent la fleur

Ils partent « la fleur au fusil »

Lorsque ces soldats, des jeunes, à peine leur vingtième année enjambée ou bien ces plus âgés, mariés et pères de famille, partent, certains d’une victoire rapide, soupçonnent-ils le sort que leur réserve la guerre,  cette machine à tuer? «  A Berlin dans quinze jours » !, Ces « quinze jours » qui dureront quatre longues années ! Une réalité bien différente.

Que savent-ils de leur avenir ?

Se figurent-ils que dans un petit bourg dont ils ignorent l’existence, ils y trouveront une mort, froide, brutale, injuste, une blessure invalidante, une captivité destructrice, une maladie qui laissera de lourdes séquelles? « L’itinéraire d’un régiment est jalonné de croix blanches » écrivait un historien. Nombreux sont ceux qui ont connu un sort peu enviable voire funeste. Certains auront plus de chance et s’en sortiront « indemnes ». Chance! Un euphémisme car sort-on indemne des entrailles de l’enfer ? N’y laisse-t-on pas une part de soi ? Et comme ces hommes, par pudeur sans doute, en parlaient peu, on ne le saura jamais.

Quelques noms, quelques destins

parmi les 283 mobilisés (retrouvés actuellement) de Saint-Etienne de Lugdarès.

Des morts et des disparus

les morts 1a

les disparus fond noir

 Des malades

 Vu les conditions de vie dans les tranchées, ils seront nombreux à contracter une maladie pendant le conflit, la fièvre typhoïde, heureusement combattue par la vaccination dès 1915, ainsi que les nombreuses infections pulmonaires toucheront beaucoup de soldats comme  Jean-Pierre BrunJean-Baptiste Brunel et Louis-Philippe Michel. Mais également le paludisme pour ceux qui seront envoyés en Orient,  Antoine Merle et Cyprien Coutaud, atteint par les fièvres  seront  rapatriés d’Orient. En 1918, la grippe espagnole fera des ravages parmi les troupes, Marius Bourret en sera victime. Mais bien que soignés, beaucoup garderont des séquelles, plusieurs en mourront immédiatement après la guerre à l'instar de Louis Roux, mort le 25 avril 1919!

Des blessés

les blessés fond noir

La captivité,

 Ils sont une dizaine a avoir été capturés et internés dans un camp en Allemagne. Pour certains, la captivité a duré plus de quatre années (pris en août, septembre octobre 1914 et rapatriés en décembre 1918 voire janvier février 1919). Ils ont connu des fortunes diverses et ceux qui en sont revenus ont leur santé fragilisée par les mauvaises conditions de détention.

les prisonniers fond noir

Les rescapés

Enfin, il y aura les « rescapés  les miraculés, les survivants » mais pour la plupart dont la santé est fragilisée. Ils garderont des séquelles plus ou moins graves et qui raccourciront la vie de certainst à l’instar de Jean Pierre Roux qui décède en avril 1919. "Ces broyés de la guerre qui gardent la vie mais qui affronteront de nouveaux cauchemars". Rares sont ceux qui parleront de ces quatre années passées dans cet enfer de feu et d'acier.

 

 Les familles concernées

archives

 

page accueil 3

Les familles qui partagent des documents pour illustrer la page du site reçoivent une version papier de la page consacrée à leur parent.

Merci à Michel Bazas pour le prêt de nombreuses cartes postales sur des régiments

 

 

Si vous avez gardé  des souvenirs ou autres documents  (lettres, cartes postales, photos de famille, médailles,...) concernant un aïeul ayant combattu en 14-18, vous pouvez  m'envoyer une copie. Une façon d'illustrer la page qui lui est consacrée. 

Me contacter par l'entremise du lien dans la colonne de droite

 

Astier, Aubert, Audibert, Aujoulat, Baldit, Balmelle, Barrial, Barrot, Barthelot, Baud, Blanc, Blanchon,  Bord, Bouchet, Boulet, Bourret,  Bresson,Breton,  Breysse, Brun, Brunel, Cebelieu, Chabalier, Chabanis, Chabaud, Chambon,Charron, Chaudanson, Chiffe, Clavel, Cléophax,  Confort, Coudeyre, Coutaud, Darbousset, Dumond, Dumont,  Duny, Escudier, Faure, Forestier, Gaillard, Gay, Gibert, Gony, Giraud, Hugon, Jean, Malartre, Martin, Mauline,  Mercier, Merle, Michel, Moulin, Mourgue, Pansier, Pautu, Ranc, Richier, Rieu, Roux, Sérode, Sirvin, Terme, Testud, Tremoulet, Toupel, Velay, Vidal, Villesèche  Vincent.... Et....

 

 

 

Des exemples de dossiers pour des soldats dont les familles m'ont contacté.

 

 

 

Augustin Giraud

http://31241.canalblog.com/archives/2022/07/18/39562909.html

 

Souvenir mortuaire de Laurent Duny

 

Laurent Duny

http://31241.canalblog.com/archives/2023/02/02/39800530.html

 

 

Augustin Cleophax

https://31241.canalblog.com/archives/2022/11/01/39692605.html

 

 

Des visites 

 

 

Des champs de bataille qui ont gardé des traces

https://31241.canalblog.com/archives/2023/05/10/39904523.html

 

 

Des nécropoles nationales

 

Rendre hommage à ces soldats morts au combat.

Ils reposent  à proximité du lieu de leur trépas

 

https://31241.canalblog.com/archives/2023/02/19/39818954.html

et

https://31241.canalblog.com/archives/2023/06/10/39937489.html

 

 

L'anneau de la mémoire à Ablain Saint-Nazaire, 580.000 noms de victimes gravés dans la pierre.

 

 

Les années 1914, 1915, 1916, 1917 et 1918 sont terminées et mises en ligne.

Il me reste à faire l'immédiate après-guerre et les jeunes classes qui font leur service militaire en 1919.

 

 

Les pages du souvenir

Les parcours des soldats entre leur service militaire et leur mise en congé illimité.

283 dossiers de villageois ayant participé à la Grande Guerre

 

 

Cliquer sur

http://31241.canalblog.com/archives/2022/05/26/39493557.html 

 

 

 

MERCI de votre visite

et bonne lecture

 

Fin de la page 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 mai 2025

* Auguste Cléophax, blessé à Massiges, le 27 septembre 1914

signalement  Son signalement lors de son service militaire

 Fils de feu Auguste et de feue Catherine Darbousset, Auguste Cléophax est né le 6 juillet 1884 à Saint- Etienne de Lugdarès et y exerce la profession de cultivateur. Appelé à l’activité le 16 novembre 1902, il incorpore le 96ème régiment d’infanterie caserné à Béziers (et Agde), comme soldat de 2ème classe. Son service militaire  terminé, il est envoyé, le 15 septembre 1905, dans la disponibilité muni du certificat de bonne conduite. De retour à la vie civile, il reprend ses activités et le 25 mars 1906 s’installe à Langlade (Gard) où il épouse, le 24 octobre 1908, Augustine Plantat.

Comme tous les militaires de la disponibilité, il effectue deux périodes d’exercices, la première du 20 novembre au 12 décembre 1909, la seconde du 23 mai au 8 juin 1910 au 40ème régiment d’infanterie en garnison à Nîmes (Alès et Uzès).

La guerre éclate

Le 12 août 1914, mobilisé, il est affecté au 8ème régiment d’infanterie coloniale (8ème RIC) , son nouveau régiment qui est en garnison à Toulon, un régiment qui est déjà parti, le 9 août, vers la région de Neufchâteau en Belgique. Comme « ancienne classe », il refait une brève période d’exercices afin de retrouver quelque peu de condition physique et d’acquis militaires.Quittant Toulon le 31 août, il rejoint le régiment, le 2 septembre, à Cernay-en-Dormois avec le premier renfort de 490 hommes. Le régiment continue sa retraite et, comme soutien d’artillerie, sa marche est souvent « accompagnée par de nombreux obus allemands » qui cherchent à neutraliser les batteries françaises dont le régiment assure la protection.

Les longues marches fatiguent les hommes et lorsqu’ils peuvent prendre un peu de repos, l’artillerie ennemie entre en action les obligeant à abandonner le cantonnement.  

 

Deux extraits du JMO

1 fatigue

2 repos

 

Les bombardements s’intensifient, les pertes également. La troupe est toujours en alerte et en mesure, baïonnette au canon, de repousser l’attaque ennemie mais l’infanterie allemande, bien que présente, ne se dévoile jamais.

Le 5 septembre, la Marne est franchie, le régiment est à Saint-Remy en Bouzemont. La dernière limite décidée par l’état-major général. On ne recule plus ! Un repos. Le lendemain, un ordre de Joffre :

 Marcher vers le Nord et reprendre le terrain perdu.

L’ennemi recule, la poursuite s’engage. Le premier engagement avec l’infanterie allemande a lieu à Luxémont, un succès. La marche en avant reprend mais la progression est ralentie par la pluie « qui défonce les routes ».

 

carte massiges 1

Les positions françaises et allemandes le 16 septembre 1914.

Bleu les Français, rouge, les Allemands. Sur l'extrait de la carte, le relief des 5 collines au Nord de Massiges fait penser à une main, l’index, le majeur et l’annulaire. D’où son nom, La main de Massiges.

 

 Le 8ème RIC , en avant-garde de la division, se rapproche de Massiges et, le 16 septembre 1914, il reçoit l’ordre d’investir la position. Un endroit où l’ennemi est retranché dans des lignes en crêtes qui dominent les positions de départ des Français.  Les premières attaques et contre-attaques ne donnent aucun résultat concret sur le terrain sauf de nombreuses pertes de part et d’autre. Entre le 18 et le 25 septembre, 16 tués et plus de 500 hommes hors de combat pour le régiment. Tout mouvement de quelque importance est voué à l’échec car devant eux, il y a « un ennemi très vigilant soutenu par une artillerie a laquelle nos 75 ne répondent que faiblement ».

Un front défensif est organisé par le 8ème RIC. Les tranchées sont renforcées en les recouvrant de planches pour protéger les tireurs contre les shrapnells. Un mot d’ordre circule dans les tranchées: « avoir une attitude agressive afin de contenir l’ennemi ».

 

massige montage bon

 Au musée à ciel ouvert de Massiges, la reconstitution d'une tranchée et les objets retrouvés lors des fouilles sont remis en situation. à voir! La Vierge aux abeilles, Lors d'une attaque allemande, une balle vint percer le buste de la statue, Profitant de l'impact, un essaim d'abeilles vint s'établir à l'intérieur de la statue.

 

L’attaque du 26 septembre 1914

Mais le 26 septembre, les Allemands prennent l’initiative sur tout le front devant Massiges. Profitant d’un épais brouillard, l’attaque se fit sur tout le secteur. C’est le 2ème bataillon qui prend l’attaque de plein fouet. Il résiste et  ne cède aucun pouce de terrain, les réserves sont engagées pour renforcer les lignes. Mais des éléments du régiment voisin reculent abandonnant leurs emplacements. Le front fléchit. Le 8ème ric pousse deux de ses compagnies pour les aider. Immédiatement, des contre-attaques sont lancées afin de reprendre le terrain perdu, les batteries de 75 soutiennent les efforts de l’infanterie. Les tranchées sont reprises au prix d’une lutte opiniâtre. L’engagement dure toute la matinée. Ne pouvant plus progresser ni contenir le retour des Français, l’assaillant recule et les mitrailleuses françaises entrant en action, fauchent les fuyards. Certains se rendent, ils seront emmenés vers l’arrière. De part et d’autres les pertes sont sévères.

Le calme revient sur le champ de bataille. Les effectifs chargés de tenir la première ligne sont renforcés et appuyés par des mitrailleuses. L’alerte a été chaude et des mesures de sécurité sont prises. La nuit sera néanmoins calme mais dès le lendemain, le village de Massiges est encore marmité.

Parmi les nombreux blessés, Auguste Cléophax.

Blessé par éclat d’obus, le 27 septembre 1914, une plaie au cuir chevelu, "région pariétale droite". Il est évacué vers l’arrière et soigné jusqu’au 6 janvier 1915. De retour au dépôt de Toulon, il rejoint le front mais passe au 38ème régiment d’infanterie coloniale, 38ème RIC.

croix de guerre etoile de bronze

La Croix de guerre avec étoile de bronze

 

De nouveau sur le front.

De 1915 à fin 1916, ce seront les combats dans la Woevre, Juillet 1915, il est à Bois-le-Prêtre, à la Croix des Carmes, une contre-attaque allemande, les premiers lance-flammes sont employés par les Allemands qui font également sauter des mines sous les lignes françaises.  Il y est remarqué et cité pour sa bravoure « « s’est offert spontanément pour occuper un poste périlleux pendant trois nuits consécutives, s’est déjà fait remarqué par son mépris du danger » et décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze.

Plus tard, son régiment revient à Massiges puis part pour la Somme, de nouveaux combats qui dureront jusqu’au mois de novembre 1916. Il en sort indemne.

Départ pour l’Orient

auguste cleo 1a

Arborant sa Croix de guerre, Auguste Cléophax pose avec deux camarades . Il porte déjà le nouvel uniforme  de drap bleu tandis que le voisin porte encore le modèle gris de fer bleuté. Photo prise en novembre-décembre 1916 à Monthuel

00 auguste cleo 2

 

Ayant appris qu’il allait être envoyé en Orient, le régiment quitte le front le 6 novembre 1916 et embarque dans trois trains en direction du camp de Valbonne (Monthuel) où il  se reconstitue et « se transforme en régiment alpin ».

 Du 11 au 14 décembre, le régiment est envoyé à Marseille pour, le 16, embarquer en direction de Salonique.

Quatre transports de troupes assurent l’opération, le Charles Roux, le Colbert, le Paul Lecat et le Pei Ho. Débarqué du 24 au 26 décembre 1916 à Salonique, le 38èmeRIC se regroupe au camp français.

 

auguste cleo 3a

Auguste Cléophax (sous la flèche) en Orient. Logement sous tente.

 

Le 2 janvier 1917, le régiment quitte le camp et se dirige vers le Vardar. La campagne en Orient commence faisant face aux troupes bulgares équipées par l’Allemagne. Les hommes creusent des tranchées, prennent part à des attaques des contre-attaques, organisent des secteurs et subissent des pilonnages de l’artillerie ennemie, mais également réalisent des travaux de génie afin d’améliorer le réseau routier.  Les hivers sont froids, les étés trop chauds. Le paludisme affaiblit les hommes. Le Vardar, la Cerna, Monastir, Florina, la Serbie, Vladova, Kir-Kilissé, le Piton rocheux et le Piton jaune… des noms rencontrés au gré du JMO. Il fera campagne jusqu’au 1er août 1917.

 

le vardar 4Le Vardar et sur la Cerna, le pont construit par les Français

la cerna bon

 

Un premier retour en France ! Du 2 août  au 11 août 1917, il profite d’une permission mais le 12 août, il est dirigé sur les mines de la Grand Combe et y travaille jusqu’au 23 octobre.

Le 24 octobre, il rentre au dépôt de Toulon jusqu’au 22 novembre1917.

 Le 23 novembre 1917, il embarque vers Salonique et rejoint son régiment. Il y reste jusqu’au 23 août 1918.

Le rapatriement définitif

Il rentre définitivement en France et sera mis en congé illimité le 9 mars 1919. Il se retire à Langlade (Gard). Il garde quelques séquelles de son paludisme ainsi qu’une petite cicatrice à la tête.

auguste cleo 5

Auguste Cléophax, après la guerre

 Sources

Documents de famille, Merci à Mme G. Ottaviani, la petite-fille d'Auguste.

 

 

Le musée à ciel ouvert de Massiges, un site entretenu par des bénévoles

IMPRESSIONNANT,  à visiter  si vous passez par là

http://www.lamaindemassiges.com/index.htm

 

18 mai 2025

* Les champs de bataille

A un moment donné du conflit, les villageois se sont trouvés présents sur ces champs de bataille. Plusieurs y ont trouvé la mort, d'autres ont été blessés, certains ont été capturés.....

Ces montages photos se retrouvent dans les pages personnelles des soldats avec toutes les informations récoltées

cliquez sur les photos pour les agrandir

boinville 1

Pour le combat de Boinville,

 

 

les eparges finalitéLes Eparges, la guerre des mines souterraines

 

 

massiges finalitéLa Main de Massiges

 

 

ouvrage pruneau

L'ouvrage Pruneau à côté de Massiges

 

 

Souain -Perthes lès HurlusSouain Perthes-lès-Hurlus

 

 

 

pont arcy MussyLe canal de l'Aisne entre Pont d'Arcy et Moussy

 

 

 

 

 

 

 

 

Fleury devant DouaumontFleury-devant-Douaumont

 

 

Verdun

Verdun, des forts à défendre ou à reprendre...

 

 

 

Quennevieres TouventLe plateau de Quennevières et de Touvent

 

 

 

le chemin des Dames

Le Chemin des Dames

 

 

berry-au-Bac

Entre Berry-au-Bac et Sapigneul le long du canal

 

 

 

yser

Derrière l'Yser

 

 

Souchez, les vestiges du lieu de certains combats

 

Lagarde, le premier combat et déjà un villageois déclaré  disparu.

 

 

Le lendemain, le combat de Dieuze Vergaville, cinq villageois tués, plusieurs des blessés et prisonniers

 

Photos personnelles

18 mai 2025

Les nécropoles, album 1

monument aux morts

 

« Et, doucement, le soir silencieux tisse sa brume, seul grand linceul de toile grise, pour tant de morts qui n’en ont pas. »

«Les Croix de bois,   Roland Dorgelès

 

montagne ardechoise (4)

Albert AUDIBERT ,

Nécropole des Islettes

 

des Ardéchois de 1914 (2)

Marius  BALMELLE

Nécropole de Soupir 1

 

Saint-Etienne de Lugdarès 2

Jean-Pierre BRUN ,

Carré militaire, cimetière communal, La Seyne-sur-Mer

 à proximité de la nécropole de Saint-Mandrier.

 

saint etienne de Lugdarès 2

Laurent  BRUN ,

Nécropole de Vienne-Le-Château

 y repose avec

Jean-Joseph MICHEL ,

Jean-Louis MICHEL ,

 

ardeche 1914-1918 (1)

Cyprien Urbain  BARROT

Nécropole de Douaumont

 

montagne ardechoise (2)

Henri,  BRESSON

Nécropole d'Esnes

 

montagne ardechoise (3)

Régis BRESSON ,

Nécropole de Jonchéry-sur-Suippes

 

ardeche 1914-1918 (2)

Jean-Pierre  BRUNEL

Nécropole de Bar-le-Duc

y repose avec

Laurent  DUNY

 

montagne ardechoise (1)

Victor CLAVEL

Nécropole de Pont de Marson

y repose avec

Joseph  GONY

Hippolite  ROUX

 

ardeche 1914-1918 (3)

Théophile   GAY

nécropole de Busy-Darmont.

 

des Ardéchois de 1914 (1)

Augustin  GIRAUD

Corps rapatrié à la nécropole de Sarrebourg.

 

Saint-Etienne de lugdarès 3

Auguste TERME

Nécropole de Soupir 2

 

ardeche 1914-1918 (4)

Urbain   VIDAL

Nécropole de Cholloy-Ménillot

 

terme joseph 1917 chemin des dames

Joseph TERME

Nécropole de Cerny-en Laonnois

 

Photos personelles

 

 

18 mai 2025

les nécropoles, album 2

1lacroix sur M

Pierre Michel

Nécropole de Lacroix-sur-Meuse

 

2 chauvoncourt

Joseph Terme

Nécropole de Vaux-Racine

 

3 vidal Fraize

André Vidal

Carré militaire du cimetière communal de Fraize

 

4 le chene millet

Louis Merle

Metzeral, nécropole le Chêne Millet

 

5 moosch

Louis Moulin

Nécropole de Moosch

 

6 vergaville hugon

Hugon Henri

Tombe collective de Vergaville

 

7 coutaud riche

Coutaud Louis

Nécropole de Riche

 

Notre-Dame de Lorette, deux tombes, septembre 2023

Saint Etienne de Lugdarès Blanchon

Blanchon Louis,

Curieusement, il n'est pas repris sur le monument aux morts de Saint-Etienne de Lugdarès...

 

Saint Etienne de Lugdarès Sirvin

Sirvin Louis

 

La nécropole de Notre-Dame de Lorette, la plus grande de France et l'anneau de la mémoire  sur lequel sont inscrits le nom de 600 000 soldats tombés dans le secteur de la Somme.

Notre Dame de Lorette,

 

Une  tombe trouvée sur le site GENEANET

Contribution photo: Philippe FRILLEY 12/04/2017, Prise de vue : 12/04/2017
Cette photographie est sous licence d'usage CC BY-NC-SA 2.0

asniere sur oise geneanet merle louisLouis Merle, mort de maladie dans l'hôpital de l'abbaye de Royaumont

 

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17 novembre 2024

* Les pages du souvenir

 

flamme

 Les pages du souvenir

 

Vu le changement de serveur intervenu, le blog est en reconstruction....

 

 

1 Saint-Etienne de Lugdarès avant 1914

La commune, arrosée par le Masméjan, est essentiellement rurale comptant (en 1911) 1234 habitants. « Station estivale très fréquentée » pour ses cures en altitude, le bourg (alt. 1033m), bien qu’ayant des infrastructures modestes,  compte un nombre étonnant d’auberges, hôtels restaurants et cafés pour accueillir les « touristes » !

Un aperçu général de la population

http://31241.canalblog.com/2024/03/au-village-avant-1914.html

 

 

2 Le village et la guerre

L’impensable

Un matin d’août 1914, le tocsin tonne dans toute la vallée, les gendarmes sillonnent la campagne, une affiche est placardée sur le mur de la mairie ! C’est la guerre !

http://31241.canalblog.com/2024/03/l-impensable.html

 

 

C’est leur guerre

Ils étaient partis pour une quinzaine de jours, le temps d’aller à Berlin. Ils pensaient revenir pour terminer les moissons et commencer les premiers arrachages de pommes de terre… Ils sont restés quatre années terrés dans des tranchées à attendre ….

http://31241.canalblog.com/2024/03/c-est-leur-guerre.html

 

 « Ils sont tombés comme ils chargeaient, front en avant ; certains, abattus sur les genoux, semblent encore prêts à bondir. On en voit un, adossé à une petite meule, qui, de ses mains crispées, tient sa capote ouverte comme pour nous montrer le trou qui l’a tué. »

Les Croix de bois,  Roland Dorgelès.

 

 

Le lourd tribut des familles

   La plupart des familles seront endeuillées. La mort d'un fils, d'un époux, d'un père, loin de chez lui, tué(s) ou disparus dans une terre inconnue sera, mission délicate,  annoncée par le maire. Il faudra attendre quatre ans avant de pouvoir faire revenir le corps du défunt. Bien souvent, comme souvenir, il ne restera qu'une photo exposée sur le plus beau meuble de la maison, un nom sur un monument....

http://31241.canalblog.com/2024/04/un-lourd-tribut.html

 

 

Sur le champ de bataille

Ils sont morts dans la terre qu’ils défendaient. Les circonstances du combat ne permettant toujours pas de s’occuper décemment  de leur corps, ils sont abandonnés au milieu de nulle part, « la terre à personne » comme l’écrit M. Genevoix

http://31241.canalblog.com/archives/2023/04/02/39865522.html

« Tombes hâtives, creusées avec les mêmes petits outils qui creusent les tranchées de combat, je vous souhaiterais plus profondes et jalouses. Les corps que vous cachez soulèvent doucement la surface des champs. La pluie a dû les mouiller ces jours et ces nuits ». « Ceux de 14 » par Maurice Genevoix.

 

 

Le mot du maire

  Auguste Palhon maire du village expose la situation dans son courrier. « Depuis la mobilisation je n’ai plus une minute à moi, la mairie m’occupe du matin au soir ». Entre les télégrammes qui le font lever par trois fois par nuit et les affaires courantes, il n’a guère le temps de s’occuper de son étude notariale. La guerre apportant son lot de tourments, chaque affaire courante prend des proportions énormes.

http://31241.canalblog.com/archives/2022/09/28/39647506.html

 

 

 

Le travail des femmes

    Elles se  mobilisent pour soutenir l'effort de guerre en remplaçant dans les champs,  les maris partis au front. Pendant quatre ans, elles relèveront le défi sans faillir.

http://31241.canalblog.com/archives/2022/06/15/39519246.html

 

 

 

Les religieuses

  Une institution religieuse installée au village et qui participe à la vie économique

en construction

 

 

 

 

3 Le sort des villageois


 

 

 « Ils sont tombés comme ils chargeaient, front en avant ; certains, abattus sur les genoux, semblent encore prêts à bondir. Beaucoup portent le pantalon rouge du début. On en voit un, adossé à une petite meule, qui, de ses mains crispées, tient sa capote ouverte comme pour nous montrer le trou qui l’a tué. »  

Les Croix de bois,  Roland Dorgelès

 

 

Ceux de 1914, leurs parcours

Mise en ligne terminée, des exemples pour 1914

voir http://31241.canalblog.com/2024/03/ceux-de-14.html

 

si vous avez le nom et prénom d'un parent ayant été présent dans le conflit, contactez-moi, je vous ouvrirai la page le concernant.

 

contactez-moi via le lien dans la colonne de droite

 

Ceux de 1915, leurs parcours

Mise en ligne terminée

 

Ceux de 1916, leurs parcours

Mise en ligne terminée

 

Ceux de 1917, leurs parcours

Mise en ligne terminée

 

Ceux de 1918, leurs parcours

Mise en ligne terminée

 

Les réformés et ceux qui en sont revenus indemnes… Indemnes ?

à faire

 

 

4 Les vestiges des combats aujourd’hui

Certains sites ont été mis en valeur par des associations de bénévoles afin de perpétuer le souvenir de la Grande Guerre.

Ceux visités:  Massiges, Le Chemin des Dames, Douaumont, Froideterre, Fleury devant Douaumont,

Vauquois, Souchez, Montfaucon, Verdun.

Massiges, Saint-Etienne de Lugdarès

Le musée à ciel ouvert de Massiges

 

 

5 Les nécropoles, ils reposent avec leurs frères d’armes

  Bien que les familles pouvaient rapatrier le corps de leur défunt, plusieurs villageois reposent dans la terre sur laquelle ils ont combattu. Rassembler dans des nécropoles nationales, ils dorment au milieu de leur frères d’armes.

Certains soldats ne reviendront pas au village. Ils reposent dans les nécropoles nationales aux côtés de leurs frères d'armes.

 

 

Toutes les tombes des villageois qui sont inhumés dans des nécropoles militaires

Deux albums

http://31241.canalblog.com/archives/2023/02/19/39818954.html

et

http://31241.canalblog.com/archives/2023/06/10/39937489.html

 

6 Des cartes postales, là où ont combattu les villageois

Hier et aujourd’hui

Un nom, un destin, une carte postale

Une quarantaine de cartes postales anciennes et certaines sont mises en parallèle avec les lieux actuels.

 

 

 

« Tous avaient sous le casque les mêmes traits d’épouvante : un défilé de revenants».

Les Croix de bois, R. Dorgelès

Saint-Etienne de Lugdarès

 

Des photos de villageois prises vers 1930 

 

Saint-Etienne de Lugdarès anciens combattants

 1ère série

 « Autour des fermes, au milieu des champs, on en voyait partout : un régiment entier avait dû tomber là. Du haut du talus encore vert, ils nous regardaient passer, et l’on eût dit que leurs croix se penchaient, pour choisir dans nos rangs ceux qui, demain, les rejoindraient. Pourtant, elles n’étaient pas tristes, ces premières tombes de la guerre. »

Les Croix de bois,  Roland Dorgelès

 

 Les oubliés du monument aux morts

Des oubliés. Combien sont-ils ?

 La majorité des soldats dont le nom est inscrit sur le monument aux morts sont « nés et résident » au village.

Quelques-uns, à l’instar de Joseph Marius Bourret, né à Prévenchières (Gard) ou bien encore Augustin Giraud, né à Marseille (Bouches du Rhône) et…., « nés ailleurs »  mais établis au village au moment de leur appel sous les drapeaux sont également repris sur les tablettes du souvenir. En revanche d’autres, bien que nés au village, ont été oubliés. Pour des raisons professionnelles, des familles  ont déménagé vers d’autres horizons et leurs enfants, nés au village, devenus adultes,  ont été appelés à la conscription dans le village de leur établissement. C’est le cas de Henri Bresson, né à Saint-Etienne de Lugdarès mais habitant Saint-Flour de Mercoire (Lozère) au moment de sa conscription. La raison peut être également d’ordre familial à l’instar de Marius Chabaud, né à Saint-Etienne de Lugdarès, mais qui, suite aux décès prématurés de ses parents, est élevé par la famille paternelle à Barjac (Gard).

En rencontrerons-nous encore d’autres en avançant dans les recherches ?

Des oubliés certes, mais à l’époque, l’informatique n’existant pas et les communications plus lentes sinon plus compliquées, on peut comprendre ces lacunes.   Ainsi,  un villageois ne s’étant pas présenté à la mobilisation a été déclaré insoumis… alors qu’il était mort depuis un certain temps.

 

 

 

 Merci de votre visite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 avril 2024

Un lourd tribut

Notre avenir est devant nous, sur ce sol labouré et stérile où nous allons courir, la poitrine et le ventre offerts"

La peur, Gabriel Chevalier,

 

« Ils sont tombés comme ils chargeaient, front en avant ; certains, abattus sur les genoux, semblent encore prêts à bondir. On en voit un, adossé à une petite meule, qui, de ses mains crispées, tient sa capote ouverte comme pour nous montrer le trou qui l’a tué. »

 « Les Croix de bois »  Roland Dorgelès

 

Un lourd tribut

A peine une quinzaine de jours qu’ils sont partis et en ce 20 août 1914, à Dieuze-Vergaville, deux petits bourgs lorrains, cinq villageois sont déjà fauchés par la camarde. Ils s’appellent Pierre, Henri, Joseph, Louis et Louis. Ils avaient entre 23 et 25 ans !

Le champ de bataille de Vergaville. Au fond, à droite, une des tombes collectives contenant plus de 400 corps de soldats français, à gauche celle des officiers.

Et lorsqu’au village,  la grosse cloche de l’église résonnera sinistrement dans la vallée l’angoisse naîtra parmi les familles des « partis aux armées ». Qui ? Déjà cinq familles dans la douleur et cinq autres encore, celles des cinq prisonniers capturés le même jour, qui s’inquiètent pour le sort de leur parent.

D’autres hélas suivront.

Tout au long de ces quatre interminables années, beaucoup de foyers seront touchés par le malheur, certains plus que d’autres. Soixante-neuf  noms sur le monument aux morts, 69 familles endeuillées, autant de fois que les cloches de l’église bourdonneront lugubrement pour annoncer à la communauté la douloureuse nouvelle. Soixante-neuf hommes, des fils, des époux, des pères qui laissent derrière eux des parents accablés, des veuves abattues et des orphelins en pleurs.

  Trois autres victimes, nées cependant au village mais ayant déménagé avant leur conscription, alourdissent encore le bilan (72). Leur nom n’est pas repris sur le monument.

La fiche Mort pour la France de Jean Marie Maurine, né à Saint-Etienne de Lugdarès

 

Mais peut-on jauger la douleur?

Des familles qui ont leur(s) fils engagé(s) sur les fronts connaîtront des fortunes diverses.  N’épinglons que quelques exemples :

La famille Régis Villesèche et Marie Terme compte quatre fils aux armées (1 tué, 1 prisonnier et 2 blessés). Le ménage Coudreye-Martin, deux fils  ( 1 disparu en mer, lors du torpillage du transport de troupes Amiral Magon et 1 blessé trépané et amputé du bras droit.

Des veufs et veuves qui perdent deux fils comme Louis Barrot (veuf de S.Vialle), Sophie Hugon (veuve de H. Roux) et Mélanie Mercier, (veuve de L. Jean) pleure un fils quant au second, il garde un lourd handicap de sa blessure. Soutien de famille, ils travaillaient dans l’exploitation agricole familiale.

Enfin ces deux jeunes épousées, jeunes veuves après à peine quelques mois de mariage. Justine Dumont, quatre mois de mariage, est enceinte de François Boulet, disparu sur l’Yser.

D’autres, à l’instar de Pierre Astier, Augustin Giraud et Auguste Terme, morts pour la France, laissent chacun une  veuve « chargée » (dit-on) de trois enfants. Des pupilles de la Nation. L'Etat se chargera de leur éducation.

Une peine sans cesse ranimée

Les deuils s’accumulent et les plus récents réveillent ceux plus anciens car les familles sont apparentées. Un exemple parmi d’autres, Les Michel sont liés aux Roux, aux Vidal, aux Sirvin, aux Dumond ainsi qu’aux Darbousset….

 Lorsque la terrible nouvelle arrive au village, c’est le maire qui se charge de prévenir la famille… Pénible obligation que d’aller annoncer la mort d’un fils, d’un époux, d’un père… "J'ai l'honneur de vous prier vouloir bien, avec tous les ménagements nécessaires en la circonstance,  prévenir ....". Le curé de la paroisse tout autant que le maire auront fort à faire pour aider les familles à faire leur deuil.

L'exemplaire envoyé aux maires pour leur demander de transmette la nouvelle du décès de leur concitoyen.

Mais il y a également les blessés, un amputé, un autre ayant perdu un œil, plusieurs traînant un membre meurtri par un éclat d’obus et qui les handicaperont dans leur profession, les malades, le paludisme pour ceux qui sont revenus d’Orient qui endureront les séquelles de leur maladie, les prisonniers qui reviendront de captivité avec une santé fragilisée abrégeant parfois leur vie. Le 2 août 1918, Auguste Terme, prisonnier rapatrié sanitaire, décède à son domicile.

La guerre terminée, toutes et tous  attendent le retour des corps qui reposent  momentanément quelque part dans le Nord ou dans l’Est, loin de chez eux. En attendant, des messes de funérailles sont dites. Après la guerre, l’Etat proposera aux familles de rapatrier les corps.  Louis Pansier, mort le 6 août 1918, est rentré au village et repose dans la terre natale, quelques-uns sont restés dans une nécropole, à proximité du lieu de leur martyr, au milieu de leur frères d’armes quant aux disparus, ils dorment toujours dans la terre qui les a ensevelis.

  Dans la mémoire familiale

Certains noms, certaines dates, plus que d’autres,  resteront gravés dans la mémoire collective.

Vergaville-Dieuze, 5 tués et disparus

Vienne-le-Château, 7 tués et disparus.

Fleury-devant-Douaumont et Verdun 6 tués et disparus

Les Eparges, Boinville, 4 tués. Mais pour chaque famille, la date de la disparition d’un des leurs restera une journée noire

Pour les familles des Morts pour la France, l’Etat leur allouera une pension pour la perte de leur parent. L’épouse et les enfants seront les bénéficiaires mais pour les célibataires, ce seront les parents qui en "hériteront".

Mr et Mme Escudier toucheront 800 fr annuellement pour le décès de leur fils.

 

30 mars 2024

L'impensable

« Il a fallu la guerre pour savoir que nous étions heureux »

Les croix de bois, R. Dorgelès

L’impensable

Même si depuis quelques temps, la presse  régionale relatait les nombreuses tensions internationales en Europe, .le jeu des alliances, les Balkans et autres sujets diplomatiques sont bien éloignés des préoccupations des  habitants de la « France profonde ».

  Aussi lorsque le 1er août , la mobilisation générale est décrétée et les affiches collées sur le mur de la mairie, la foule découvre avec stupeur la réalité de la situation. Les visages se ferment, l’inquiétude taraude les esprits. Mobilisation ne signifie pas guerre dit-on pour se rassurer. Hélas, le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France,  anéantissant tous les espoirs ! Les larmes perlent, les lamentations montent dans la population.

Il faut partir ! Les « rappelés », se référant aux consignes de leur carnet de  milice, préparent leur balluchon, (des vêtements ainsi que quelques victuailles pour les deux ou trois premiers jours) et, prenant le train - (le voyage est gratuit, il leur suffit de montrer leur feuille de route)- rejoignent  la ville de garnison de leur régiment. A Dignes pour ceux du 3ème régiment d’infanterie, à Nîmes pour le 40ème RI, à Pont Saint-Esprit pour le 55ème RI, à Avignon pour le 58ème RI, à Privas  pour le 61ème RI à Toulon le 112ème RI.

Pour les chasseurs alpins, c’est Nice pour ceux du 6ème bataillon) et pour les artilleurs des 19ème et 38ème régiments d’artillerie de campagne, c’est Nîmes. Ceux-là  marcheront vers le front lorrain.

Certains seront envoyés vers d’autres théâtres d’opérations, le 9ème hussard (en garnison à Chambéry) et  le 75ème ri (à Romans) iront dans les Vosges. Les 4ème, 8ème et 22ème régiments d’infanterie coloniale (casernés à Toulon et Hyères)  « monteront » en Belgique comme les 1er et 4ème  régiments de zouaves (revenus d’Oran et en formation à Marseille), tandis que le 163ème ri (Nice) marchera sur l’Alsace.

  A la caserne, c’est le branle-bas, les réservistes qui arrivent en nombre sont équipés et armés. Les jeunes classes complètent le régiment d’active pour avoir un effectif de guerre (3200 hommes), les autres sont versés dans le régiment de réserve qui montera également au front. La fièvre monte. « Mais avant de partir nous ferons le tour de Pont Saint-Esprit en chantant la Marseillaise et puis il arrivera ce qu’il voudra » écrit Antoine Escudier.

 « La fleur au fusil » clame la propagande! Est-ce la réalité?

Avant de partir, les soldats rassemblent leurs effets civils dans un paquetage qui restera à la caserne. Les familles viendront le récupérer par après. Augustin Giraud, comme d’autres, préfère déposer ce colis au café de Paris à Pont Saint-Esprit et prévenir sa famille de venir le récupérer à cette adresse.

Lorsque ces soldats, des jeunes, à peine leur vingtième année enjambée ou bien ces plus âgés, mariés et pères de famille, partent, certains d’une victoire rapide, soupçonnent-ils le sort que leur réserve la guerre, cette machine à tuer?

Et un matin d’août 1914, de Pont Saint-Esprit, d’Avignon, de Nîmes… ils embarquent dans des trains qui les conduisent vers leur destin.  Le voyage durera un jour et une nuit et le lendemain matin, à peine débarqués dans une petite gare si lointaine, ils enchaînent les marches en direction du secteur assigné au régiment.

Bientôt ce sera le baptême du feu et…

Un extrait de la lettre du maire

Pour la classe 14 qui ne devait être appelée qu’en octobre, la date sera avancée car les pertes  humaines sont énormes, il faut combler les vides. Dans une lettre à sa sœur, le maire Auguste Palhon écrit « Aujourd’hui encore est une journée de larmes, la classe 14 part et les mères sont désolées, ce n’est pas gai ».

Leur guerre commence, elle durera quatre longues années.

 

 

29 mars 2024

C'est leur guerre

C’est leur guerre

 

1914 

 La guerre de mouvements

Partisans de l’attaque d’infanterie, baïonnette au canon, les généraux français qui lancent leurs soldats, cibles parfaites avec leur pantalon rouge, face aux mitrailleuses allemandes, se rendent comptent de l’archaïsme de leur stratégie. Hélas, il était trop tard pour tous ces martyrs de ces charges désespérées. Cinq villageois ont déjà perdu la vie. Bien vite, l’insouciance du début, ce départ la fleur au fusil, disparaît avec l’accumulation des marches, ordres, contre-ordres et surtout les premiers engagements qui tournent au désastre. Ce sentiment  se marque surtout chez les classes anciennes qui ont laissé derrière elles, femmes et enfants.

"Cette retraite déprimante des premiers jours de septembre, ces étapes hébétées dans la chaleur desséchante de l'air, au long des routes poussiéreuses, elles n'étaient pas la fuite d'une armée bousculée et qui s'avoue vaincue. Reculade, oui ; mais pas à pas, mais jusqu'ici, au terme que les chefs avaient marqué, pas plus loin » ! 

Ceux de 14, Maurice Genevoix

La bataille de la Marne

Après une retraite chaotique jusque la Marne, les troupes françaises font volte face au début de septembre et reprennent une partie du terrain perdu. L’ennemi recule, l’armée française engrange des  victoires. Mais les Allemands, retranchés entre l’Aisne et la Meuse, enrayent ce rétablissement. La tactique est à repenser. La guerre de mouvements a montré ses limites dans le cadre d’une guerre « moderne ». Le front se stabilise, une nouvelle forme de guerre fait son apparition : la guerre de tranchées ou bien encore appelée…."la guerre de position".

Les hommes s’enterrent, ils creusent de nombreuses tranchées reliées par des boyaux et bardées de défenses accessoires comme les réseaux de fils de fer barbelés, aménagent  des abris pour se protéger des obus. L’hiver, avec la boue, les gelées et la neige figent les opérations. Ces conditions affectent la santé et le moral  des hommes.

A peine cinq mois de guerre et déjà… 16 morts et 2 disparus

10 blessés

6 prisonniers

3 malades évacués

 

1915

La vie s’organise dans des tranchées qui évoluent vers plus de sécurité, les hommes sont mieux protégés bien que le danger soit toujours aussi présent : un obus, un jet de grenade, le tir d’un tireur embusqué qui surprend un imprudent…   Une nouvelle stratégie se met en place, les adversaires se lancent dans des attaques brèves et locales, préparées ou non par l’artillerie, afin de réduire une position adverse jugée trop menaçante. Sortir de la tranchée au coup de sifflet et traverser le « no man’s land » sous le feu de l’ennemi. Des combats brefs mais tout aussi meurtriers. Il faut également repousser les tentatives ennemies, de nuit comme de jour, rester à son poste même si une mine souterraine risque de sauter à tout moment sous la tranchée…Avril, les gaz font leur apparition. Une nouvelle tactique qui perdurera….D’Ouest en Est, les premières grandes attaques, « des attaques de rupture »  sont amorcées pour percer le front ennemi, des tentatives désastreuses au bilan coûteux en vies humaines. Tout cela  pour gagner quelques mètres de terrain ou reprendre un village en ruines. Toutefois, elles apporteront des enseignements pour le futur.

Du régiment qui embarqua dans ces trains vers le front, en août 1914, combien restent-ils?

  1916

Les Allemands se ruent sur Verdun, Un million d’obus sont tirés pour effacer les défenses françaises, des forts tombent. Un terrain labouré, des tranchées nivelées, des villages rayés de la carte…Les défenseurs bien qu’écrasés sous cet « orage d’acier » arrêtent néanmoins l’attaque.

L’armée française tente une attaque sur la Somme. Après une longue préparation d’artillerie, les fantassins montent à l’assaut des positions allemandes. Les Allemands résistent. Deux attaques, deux échecs qui se soldent par des centaines de milliers de morts. Des massacres pour quelques arpents de terrain.

 

Mes morts, mes pauvres morts, c'est maintenant que vous allez souffrir, sans croix pour vous garder, sans cœurs où vous blottir. Je crois vous voir rôder, avec des gestes qui tâtonnent, et chercher dans la nuit éternelle tous ces vivants ingrats qui déjà vous oublient".
  Les Croix de bois, Roland Dorgeles

 

1917

Une nouvelle attaque française pour percer le front allemand au Chemin des Dames. Après une préparation insuffisante de l’artillerie, les vagues d’assaut se jettent sur les lignes ennemies, des feux violents les fauchent dès leur progression.  Une hécatombe ! Pire que Verdun ! Les Américains entrent en guerre et débarquent en France.

 

1918

Un dernier sursaut allemand met, un moment, l’armée française en difficulté. Les Américains, aux moyens considérables, redressent la situation. Les contre-offensives alliées bousculent l’armée allemande qui, exsangue, cède et reflue. La poursuite s’organise et le 11 novembre 1918, l’armistice est signé. La fin des hostilités, pas encore la paix ! Ils vont bientôt rentrer à la maison. Pas tous !

 

« Tous avaient sous le casque les mêmes traits d’épouvante : un défilé de revenants».

Les Croix de bois, R. Dorgelès

 

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle »,

écrivait Charles Péguy,...... tué  quelques jours plus tard par le tir d’une mitrailleuse allemande.

25 mars 2024

Ceux de 14

Note préliminaire.

  Le parcours de chaque soldat est retracé sur base des archives militaires depuis son service militaire jusqu'à la fin de la guerre ou la date de leur trépas sur le champ de bataille.

 

 

 

 

 

Pour ouvrir une page, contactez-moi via le lien dans la colonne de droite.

 

 

 

 

 

« Il a fallu la guerre pour nous apprendre que nous étions heureux, dit Berthier, toujours grave. »

Les Croix de bois,  Roland Dorgelès

 

 

 

 

Le 11 août, le premier baptême du feu, Lagarde

Lors du premier bilan dressé après le combat, nombre de soldats sont déclarés disparus. Au sens militaire, ce terme signifie, sans pour cela préjuger de son sort, que le soldat n’est pas présent lors de l’appel fait après le combat.  Est-il mort, prisonnier ou bien blessé ?

Joseph Léon Terme, le premier a vivre le baptême du feu

 

 

Le 14 août, le premier blessé, Moncourt

Débarqué les 9 et 10 août à Diarville, le 112ème ri franchit la frontière le 14 août 1914 dans la journée et, le soir même, il se lance à l’assaut du village de Moncourt. Deux bataillons approchent «  sous une grêle d’obus »…

Léon Auguste Forestier est blessé

 

Les 19 et 20 août,  Dieuze - Vergaville,

Le XVème corps d'armée est arrêté  devant des positions ennemies bien retranchées  entre la forêt de Kocking et les villages de Bidestroff et Guebling. Par deux fois, les fantassins français se lanceront sur les positions allemandes, par deux fois, ils seront  refoulés par les mitrailleuses et l'artillerie ennemies. Un désastre!

Le premier glas

Pierre Villesèche, Henri Hugon, Joseph Bourret, Louis Coutaud et Louis Chaudansson,

cinq villageois morts au combat

Au village résonne le son lugubre des cloches de la paroisse. Elles porteront la mauvaise nouvelle à tous les hameaux et écarts du village : «  cinq de nos fils sont morts ce jour 20 août 1914 à Dieuze ». Nombreuses seront les familles qui verront les gendarmes (ou le maire) se présenter à leur domicile et qui, « avec tous les ménagements nécessaires en la circonstance », les aviseront de la terrible nouvelle. Cette annonce plongera les autres familles dans l’angoisse… qui sera le prochain ?

 

Et les autres victimes

Louis Aujoulat, Joseph Terme, Baptiste Clavel, Jean Clavel  et Joachim Roux, cinq prisonniers

Marius-François Brunel, blessé et évacué

 

 

Le 22 août, au col du Bonhomme et au col de la Salcée

Deux combats difficiles pour le 75ème régiment d'infanterie pendant lesquels l'artillerie et les sections de mitrailleuses allemandes,  d'une efficacité redoutable, le repousse  à chaque fois. Les pertes sont sensibles dans deux compagnies.Deux villageois....

Jean Pierre Darbousset et Jean-François Michel sont blessés

 

 

Les 24 et 25 août,  Warcq-Boinville

  Le feu ennemi est infernal. Au 240ème ri, des soldats, privés de leurs chefs, se débandent, entraînant avec eux le reste de la ligne malgré l’intervention des officiers encore debout. C'est la panique parmi ces hommes dont c'est leur baptême du feu. Il faut l’intervention du colonel pour endiguer le mouvement et canaliser les fuyards.

Théophile Gay, 5ème bataillon et Jean-Baptiste Terme, 6ème bataillon, sont tués lors des combats

 

 

« Un copain de moins, c’était vite oublié, et l’on riait quand même ; mais leur souvenir, avec le temps, s’est creusé plus profond, comme un acide qui mord… »

 Les Croix de bois, Roland Dorgelès

 

 

Les 26 et 29 août, Mont-sur-Meurthe

Le 61ème ri, appuyé par d'autres unités, engage un nouveau combat. Une attaque en partie réussie car les Bavarois se replient sur les crêtes voisines mais.....  bien que tenu à distance, l'ennemi  reste menaçant. Des engagements s'ensuivent afin de le repousser plus loin encore. De nouveau, des hommes hors de combat, Parmi eux...

Le 26,  Marius Clavel est blessé  

 Le 29, Joseph Bresson est  blessé

 

 

Le 28 août, Jaulnay

Le 22ème RIC doit  contenir  l'ennemi qui, ayant franchi la Meuse, pousse son avantage et fonce vers la Marne. Malgré leur bravoure, les bataillons seront bousculés et compteront de nombreuses pertes.

Ernest Aujoulat est déclaré disparu 

 

 

Le 5 septembre, Gondrécourt

Le régiment s'embarque en gare de Gondrécourt et change de secteur pour aller se placer aux environs de Bar-le-Duc et participer à la "reconquête".Lors de l'embarquement..

Auguste Martin est blessé

 

 

Le 20 septembre, Bethincourt

 Le 3ème RI doit enlever des tranchées à Bethincourt. Malgré un début d'engagement favorable le sort des armes bascule en faveur de l'ennemi, on dénombrera encore de lourdes pertes. Parmi les blessés...

Auguste Terme est blessé et fait prisonnier

 

 

 « C'est l'heure où, la bataille finie, les blessés qu'on n'a pas encore relevés crient leur souffrance et leur détresse. Et ces appels, ces plaintes, ces gémissements sont un supplice pour tous ceux qui les entendent ; supplice cruel surtout aux combattants qu'une consigne rive à leur poste, qui voudraient courir vers les camarades pantelants, les panser, les réconforter, et qui ne le peuvent, et qui restent là sans bouger, le cœur serré, les nerfs malades, tressaillant aux appels éperdus que la nuit jette vers eux, sans trêve"

Ceux de 14, Maurice Genevoix

 

 

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Le 22 septembre, à Montfaucon

 Le 20 et le 22 septembre, les lignes françaises subissent un pilonnage en règle. Le 22, c'est l'assaut ennemi. Malgré la supériorité numérique de l'adversaire, les défenseurs tiennent bon.

Augustin Giraud est capturé  à Montfaucon

http://31241.canalblog.com/archives/2022/07/18/39562909.html

 

 

Le 25 septembre, aux Eparges

« Le 25, les compagnies du 5ème bataillon sont échelonnées par sections ou ½ section de 100 m en  100 m le long de la route Eparges Mouilly. Les compagnies construisent des tranchées  et les organisent défensivement, prêtes à résister a toute attaque  venant du  Sud. Des postes d’observations sont placés à quelques distances en avant, des cheminements de repli sont reconnus. Deux de ces compagnies, dont la 19ème, suite à un nouvel ordre, viennent occuper les abords du village des Eparges  et devront appuyer  le mouvement en avant vers le Sud lorsqu’il sera amorcé par des compagnies du 302ème ri voisin. A 17h30, une pluie d’obus s’abat sur la 19ème compagnie et fait de nombreuses victimes, 9 tués et 28 blessés et 2 disparus ».

 Joseph Dumond et Cyprien Barrot sont tués à l'ennemi 

 

 

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Le 27 septembre 1914, à Massiges

 Qui tient la position domine la vallée. Septembre 1914,  le 8ric en déloge les Allemands mais au prix d’énormes pertes.

Auguste Cléophax, blessé

http://31241.canalblog.com/archives/2022/11/01/39692605.html

 

 

Le 7 octobre, entre Malancourt et Avocourt

La compagnie du capitaine Merlet attaque en lisière du bois de Malancourt.  L'absence d'appui d'artillerie rend l'action plus laborieuse et dangereuse.

Joseph Michel est tué

 

 

Le 11 octobre, au bois de Géréchamp,

"L’attaque, menée  avec la plus extrême vigueur et le plus grand sang-froid par les commandants de compagnies et malgré la vaillance et le courage  des troupes qui y ont participé, s’est brisée contre un obstacle  formidable "

Henri Terme, tué à Xivray

 

 

« Un cri étouffé à ma gauche ; j'ai le temps de voir l'homme, renversé sur le dos, lancer deux fois ses jambes en avant ; une seconde, tout son corps se raidit ; puis une détente, et ce n'est plus qu'une chose inerte, de la chair morte que le soleil décomposera demain. 

Ceux de 14, Maurice Genevoix,

 

 

Le 29 octobre à Malancourt

Le 29, après une forte préparation de l’artillerie, les fantassins du 2ème bataillon avancent sous le couvert du barrage, vers leur objectif.  Les 1er et 3ème  bataillons montent  en ligne pour appuyer un régiment voisin.

André Brunel, blessé à la tête

 

 

Le 31 octobre  à Sénones

"L'occupation du secteur de Rabodeau (nom du ruisseau coulant à Senones)  dans des conditions précaires du début de campagne  a été pour le régiment une école d’endurance d’énergie et d’esprit de sacrifice. Nos hommes s’y sont trouvés aux prises avec un ennemi mieux organisé et occupants des positions dominantes".

Jean Trémoulet, tué sur le champ de bataille

 

 

Le 5 novembre à Longueval

Après avoir franchi le pont de Pont d’Arcy arrosé par l’artillerie ennemie, le bataillon reforme ses unités et, après une longue marche arrive au Pont de Moussy, à proximité de la ferme prise comme objectif.«  On ne tirera pas et l’attaque se fera à la baïonnette au canon». Et 20 minutes après le départ, l’objectif est atteint.

Auguste Terme, mort des suites de ses blessures

 

 

Le 6 novembre à Bar-le-Duc

Les mauvaises conditions de vie et en particulier le manque d'hygiène  sont propices au développement de maladies comme le typhus. Dès décembre 1914, les fièvres règnent dans les régiments... Le 38ème RAC n'échappe pas à la contagion.

Jean-François Moulin, évacué malade du typhus

 

 

« Voici venu le moment où il faut que les vivants se retrouvent et se comptent, pour reprendre mieux possession les uns des autres,  pour se serrer plus fort les uns contre les autres, se lier plus étroitement de toutes les récentes absences »

  Ceux de 14,  Maurice Genevoix

 

 

Le 11 novembre à Luyghem en Belgique

Le 1er régiment de marche des Zouaves doit déloger les Allemands du petit village belge de Luyghem. C'est le baptême du feu pour Jean-Louis Boulet. Plus de 400 morts jonchent le champ de bataille. Parmi les victimes....

 Jean-Louis Boulet, disparu à Luyghem (Belgique)

 

 

Le 16 novembre,  devant Saint-Mihiel

Le 16 novembre 1914, une attaque est lancée contre les positions allemandes. Le 58ème  ri en fait partie. Les nombreux assauts sont repoussés par les mitrailleuses et l’artillerie allemandes. Des tranchées sont prises, perdues, reprises… certaines positions deviennent intenables suite à la puissance de feu ennemie. Deux blessés qui décéderont des suites de leur blessure

Joseph Terme, mort entre le 16 et le 20 novembre, des suites de ses blessures.

et

Page en lecture

Laurent Duny, mort le 28 novembre, des suites de ses blessures

http://31241.canalblog.com/archives/2023/02/02/39800530.html

 

 

Le 20 novembre , Voormezeele, au Sud d'Ypres

Le 6ème bataillon de chasseurs est envoyé dans la plaine de l'Yser. Une plaine inondée volontairement afin d'empêcher la progression allemande. Les eaux  gênent considérablement les adversaires. La température baisse, les pluies envahissent les tranchées, les cas de pieds gelés (ou pied de tranchée) apparaissent de plus en plus...

Jean-Louis Dumond, évacué pour "le pied de tranchée".

 

 

Le 6 décembre 1914, François Aubert est évacué sur Bar-le-Duc

François Aubert, évacué malade le 6 décembre 1914 pour cause de typhus, rentrera au régiment après une longue convalescence. Il reprendra sa place de combat. Le 9 mai 1917, il est de nouveau évacué malade... son traitement durera  trois ans. Le 11 mai 1920,  il sortira de l'hôpital... " en voie de guérison"

François Aubert, évacué malade du typhus

 

 

Le 21 décembre, le dernier blessé de 1914

François Roux fait partie de ces deux compagnies qui partent de la tranchée des 100 fusils pour reprendre une tranchée perdu le 6 décembre. Par quatre fois les fantassins se lancent sur leur objectif....L'attaque échoue, les pertes sont sérieuses

 François Roux est grièvement blessé à Malancourt

 

24 mars 2024

Au village avant 1914

Tirer parti de tous les contenus  de ce document constituerait un travail trop considérable qui  sortirait du cadre de ce blog, aussi nous sommes-nous contenté de relever certains éléments qui peuvent aider à la représentation de Saint-Etienne de Lugdarès à la veille de la Première Guerre. Couches d’âges, professions, nombre de maisons et constitution des ménages donneront une image suffisamment précise de la société locale. Quelques exemples plus remarquables, comme l’institution religieuse, les gendarmes ou bien encore le secteur de l’hôtellerie sont épinglés afin d’illustrer le propos.

Les tranches d'âges

Selon le recensement de 1911, la population, composée de 259 ménages répartis dans 244 maisons, est relativement jeune :

Serait-ce  un dimanche matin  à la sortie de la messe?

 57 sont nés en 1910/1911

552 ont entre 1 à 19 ans

256 ont entre 20 et 39 ans

231 ont entre 40 et 59 ans

et 138 ont plus de 60 ans.

 

Une partie du village avant 1920, 1 l’institution religieuse, 2 le moulin et le Masméjean, 3 l’église

Le cadre

Arrosée par le Masméjan, un affluent de l’Allier, Saint-Etienne de Lugdares est une commune essentiellement agricole située à 1033 m d’altitude dans les monts ardéchois. Au début du XXème siècle, le bourg, qui compte 1234 habitants, est réputé pour ses cures en « altitude ».  

Une représentation sommaire  de la société

Bien que les infrastructures du village soient modestes, on dénombre plusieurs auberges, cafés et hôtels restaurants, de quoi accueillir les « curistes ». Deux hôteliers, trois aubergistes et deux cafetiers assurent l’accueil des touristes. Les épouses  comme cuisinières et les filles (service) et fils (voiturier ou garçon d’hôtel) participent à la gestion de l’établissement.

  L’établissement tenu par Antoine Michel secondé par son épouse Marie et sa fille Marie et sa belle fille Elise comme cuisinières, André, son fils, est voiturier

  L’auberge tenue par Gustave Rieu  et son épouse Virginie comme cuisinière. Gustave Rieu exerce également la profession de maréchal-ferrant avec deux employés, son fils Auguste et Denis Chapel  comme apprentis. (voir photo dans le chapitre" la foire")

Essentiellement rurale…

Une large majorité de chefs de ménage (+/-70%) se déclarent propriétaires de cultures et « patrons cultivateurs » occupant leurs fils comme ouvriers agricoles, employant, lorsque l’exploitation le nécessite, de la main d’œuvre villageoise (bergers, domestiques de ferme, ouvriers agricoles….) et donnant du travail aux maréchaux-ferrants, forgerons et autres charrons du village.

Les patrons Régis Villesèche tout comme Marius Darbousset  qui travaillent avec trois de leurs fils sur le domaine familial ne sont que deux exemples parmi tant d’autres. De leur côté, des « patronnes » à l’instar  de Mélanie Mercier, veuve Jean,  continuent l’exploitation agricole de leur défunt mari et sont aidées par leur(s) fils voire un ouvrier agricole du village.

Joseph Jean est déclaré disparu en 1916 près de Douaumont et Marius Jean blessé (séquelles handicapantes) et réformé en 1917.

L’économie villageoise repose donc foncièrement sur cette frange de la population

Les petits commerces et les services

Plusieurs épiceries tenues par des veuves ainsi que deux boulangers et un boucher desservent la commune tandis que le service postal est assuré par trois facteurs, une receveuse aidée par une assistante et un percepteur. Quant à l’entretien du village, il est laissé aux soins de quatre cantonniers. Quelques villageois(es) sont domestiques ou servantes dans des  familles.

Auguste Palhon, maire et notaire son fils Pierre  ses deux filles, Marthe et Yvonne et Berthe son épouse. La famille emploie Colombe Bourret, comme domestique

La maison du maire en face de l’église  

On note encore d’autres métiers travaillent pour la population : quatre maçons, un menuisier, un bûcheron, trois cordonniers, deux sabotiers,  un tailleur d’habits, une modiste. On note également plusieurs institutrices libres et quelques instituteurs publics qui veillent à l’éducation des nombreux enfants, beaucoup de familles sont nombreuses. De leur côté, un juge de paix, un greffier et un huissier et quatre gendarmes garantissent la paix au village.

Les  gendarmes

  Les gendarmes  se plaignent de leur situation due à la vétusté de  leur caserne ». Le maire les logera dans une partie de l’école publique en attendant la rénovation des bâtiments. La brigade sous les ordres du maréchal des logis Elie Sizard,  compte dans ses rangs, Etienne Sansonnette, Ignace Giampule et Firmin Boconnier . Ce sont 13 personnes avec les épouses et les enfants qu’il faut reloger.

 

L’institution religieuse, un pan de l’économie villageoise.

Léonie Roux, la mère supérieure, le personnel de la ferme de l'institution et le moulin local

  En plus de toutes les sœurs et novices, la mère supérieure Léonie Roux (née à Saint-Etienne de Lugdarès) emploie vingt personnes ; une économe pour le côté organisationnel,  pour l’enseignement (de novices ?) deux professeures, une surveillante, deux infirmières  et  une droguiste (plantes médicinales),  pour l’entretien :  trois lingères,  une couturière, trois cuisinières et une boulangère, pour sa ferme : deux jardiniers,  deux domestiques de ferme et un  meunier Clovis Allier qui moud dans le moulin le long du Masméjean.

Deux prêtres assurent de la pastorale villageoise, le curé Jean Louis  Balme et  Henri Besson.

Surprenant !

Une douzaine d'enfants le plus souvent nés à Marseille ou Nîmes , sont, selon le vocabulaire administratif, « mis en garde » dans des familles, mis en nourrice ou dans l’attente d’une adoption ?

Augustin Giraud, mort en captivité, né à Marseille et recueilli et adopté par la famille Mercier  héberge à son tour un bébé a recueilli un nourrisson nommé Victor Luguet né en 1909 à Marseille.  Philomène Pansier,  marchande en épicerie, héberge deux enfants, Ferdinand Debras, né  à Saint Florent en 1901 (en  garde) et Marcel Nogar  né à Alès en 1909 (un nourrisson) .

La foire, le temps de commercer, le temps de revoir…

Un événement  remarquable dans la vie rurale Toute la population y est présente et même ceux et celles  qui se sont établis ailleurs par un mariage, une profession… reviennent au pays.  Plus qu’une obligation, une nécessité ! De quoi se revoir et retisser des liens autour d’une  « chopine » de vin. C’est le côté festif et non négligeable de l’événement. Mais  le côté commercial prend le pas sur la liesse.

On va à la foire pour vendre aux maquignons présents un veau, un cochon voire un mouton que l’on a engraissé, pour acheter de jeunes animaux pour l’année à venir. Ailleurs, des forains sous leur toile proposent leurs marchandises, des  casseroles, du linge…  des choses que l’on ne trouve pas au village.

Un aspect de la foire devant l'église, du bétail à vendre, à acheter. La toile recouvrant l'étal des forains, l'établissement Rieu (auberge et forge).

 

19 mars 2024

* Augustin Giraud, pris le 22 septembre 1914 et mort en captivité

Fils naturel de Marie Nathalie Giraud, Augustin Giraud, né à Marseille, le 13 janvier 1883, est abandonné à sa naissance. Recueilli et adopté par la famille Mercier, des cultivateurs habitant Saint-Etienne de Lugdarès. Il travaillera sur l’exploitation familiale jusqu’ à la conscription.

 

Son signalement et sa photo prise pendant son service militaire

  De la classe 1903, il rejoint le 55ème Ri, caserné à Pont Saint-Esprit, (caserne Fépin), le 16 novembre 1904 comme soldat de 2ème classe. Le 16 novembre  1907. Son service militaire terminé, il est envoyé dans la disponibilité le 12 juillet 1907, muni du certificat de bonne conduite puis versé dans la réserve le 1er octobre suivant. Revenu à la vie civile, il reprend ses activités de cultivateur sur les terres familiales et épouse, le 30 octobre 1907, Marie Eulalie Coutaud, une jeune fille du village, de trois ans sa cadette. La famille s’agrandit bien vite, 1908,1909 (+1909), 1911, deux filles et un garçon. Malheureusement, l’une des petites filles décède en bas-âge.

 Comme tous les soldats de la réserve, il accomplit deux périodes d’exercices afin d’entretenir ses acquis militaires, la première  du 21 août au 12 septembre 1910, la seconde du 21 mars au 6 avril 1912, toujours au 55ème ri.

Entretemps, il a hérité, en 1911, au décès des ses parents adoptifs, de l’exploitation agricole familiale.

Août 1914, la mobilisation, la guerre !

Il est rappelé l’activité et rejoint son régiment le 4 août 14. Son épouse, enceinte, donnera naissance à une fille en avril 1915. Une enfant qui ne connaîtra jamais son père. Une épouse qui devra assumer les travaux de l'exploitation en l'absence de son époux. (voir le combat des femmes)

Au 55ème régiment d'infanterie

Le régiment est rapidement mis en route, mais avant de partir, Augustin, comme beaucoup de soldats, dépose une partie de ses effets personnels au café de Paris,  tout en  demandant à son épouse de venir les récupérer.

Le 7 août c’est le départ pour le front. Trois trains emmènent le régiment aux portes de la Lorraine qu’il faut reprendre aux Allemands. Débarqués dans le secteur de Vezelise, les bataillons prennent leur cantonnement dans les campagnes avoisinantes. Après plusieurs glissements vers l’Est, le régiment arrive dans les environs de Parois, « à la disposition de la 59ème brigade fortement éprouvée à Lagarde le 11 août ».  

Le 15 août, le régiment, toujours en réserve et sous la protection de l’artillerie se rapproche de Coincourt –la frontière-- précise le JMO.

Le 18 août  il bivouaque à Juvélise, le 19 août, par une marche d’approche, le régiment se dirige vers le secteur de Dieuze.

Son parcours

C’est le 20 août, au combat de Dieuze-Vergaville,  qu’Augustin Giraud reçoit son baptême du feu. Un combat d’une extrême violence, 900 hommes hors de combat ! Un premier repli mais le 55ème ri reste au contact de l’ennemi. Puis, le 27 août, un  nouvel engagement à Mont-sur-Meurthe, le régiment, baïonnette au canon, charge les positions allemandes. Une victoire mais, de nouveau, coûteuse en vies humaines.

Augustin Giraud est indemne. De marche en marche, le régiment arrive le 18 septembre dans le secteur de Montfaucon. Un endroit dangereux car l’ennemi s’y montre fort agressif. Les hommes des 1er et 2ème bataillons organisent la position dans les bois. Augustin Giraud est dans la 5ème compagnie du 2ème bataillon. Le 3ème bataillon est en réserve à Avocourt.

Le site de Montfaucon, les ruines de l'église, le plan d'attaque du régiment, un des fortins de défense et le village avant guerre. Montfaucon, encore un village qui comptera de nombreuses destructions

montfaucon 2

 Le 20 septembre, le secteur de Montfaucon subit un pilonnage par de l’artillerie lourde (une préparation à un assaut) et  le 3ème bataillon, bien qu’en réserve à Avocourt,  monte en ligne pour renforcer les défenses.

L’attaque a lieu le 22 ,

Après une nouvelle préparation d’artillerie « de gros calibre », « les Allemands sortent de leurs tranchées, en rangs serrés, et attaquent nos positions, ». Malgré la supériorité numérique de l’assaillant, les défenseurs tiennent bon et ne concèdent aucun  terrain mais au prix de très lourdes pertes. Des tués, des blessés, des disparus au nombre desquels des prisonniers. Le 22 septembre, 59 tués, et 30 encore pour les deux jours suivants. Sans compter les blessés évacués vers l’arrière et les disparus, parmi ces derniers, des prisonniers.

Parmi les manquants à l’appel, Augustin Giraud. Il faisait partie de la 5ème compagnie

 Capturé lors de ce combat, il est envoyé au camp de Grafenwörh, un camp situé à proximité de Bayreuth. Il y est recensé le 24 février 1915, et contrairement à la majorité des prisonniers, il n’en changera pas. La famille a été rapidement prévenue car, le 10 mars, 1915,  il a déjà reçu deux colis et 50 fr  ainsi que deux lettres de son épouse.

zz lettre

Des extraits de lettres

  Le 10 mars, La famille ayant  peut-être été informée, à tort  qu’il avait été blessé, il apaise les siens. "Je ne suis pas blessé". De nombreuses lettres seront échangées. Des lettres dans lesquelles il rassure son épouse et s’inquiète pour sa famille. « Je suis en parfaite santé et désire du fond du cœur que tu en sois de même pour toi ainsi que les chers enfants ». Et toujours cette inquiétude pour ceux et celles qu’il a laissés au village. Il apprend que son épouse a accouché et écrit son souhait d'embrasser la gamine: "son papa qui languis de la voir ». De fait, la maman, enceinte lors du départ de son époux pour le front, a accouché début 1915. Il ne connaît donc pas sa fille cadette. Malheureusement, les événements en décideront autrement… la gamine ne verra jamais son papa. Les mois passent, les lettres se suivent et, dans lesquelles, il explique son quotidien de prisonnier. Et sans cesse  il écrit  "Embrasse bien les enfants pour moi ».

Répartis dans des "komando", envoyés parfois jusqu’à 150km du camp, les prisonniers sont mis au travail. C’est le cas lorsqu’il ira travailler dans une usine de tuiles « dans la petite ville de Straubing,  "Des journées de 10 heures", précise-t-il.

Il remercie les siens pour les colis qu’il reçoit  « la boule de pain, le saucisson et une paire de chaussettes de laine… et tu peux croire qu’il m’a fait du bien » mais il demande de bien préciser son nom et prénom car il y a plusieurs Giraud dans le camp. Outre les colis de vêtements pour se protéger du froid, les colis de vivres sont les bienvenus pour compléter l’ordinaire des maigres repas des prisonniers. Parfois, il reçoit également un colis de la Croix-Rouge contenant des biscuits.   

Le 20 octobre 1918. Il ne veut toujours pas inquiéter son épouse ou bien ne voit-il pas son état de santé qui se dégrade, mais il est transféré à Bayreuth et  soigné dans le lazaret du camp d’où sont partis trois cents soldats pour la Suisse. Ce pays où on soigne les cas graves, « Mais moi, je n’ai pas  cette chance ». Ce sera sa dernière lettre. Quelques jours après, il décède.

 Le 4 novembre 1918, la liste des décès "totenlist" le signale décédé au lazaret du camp de Bayreuth. Défaillance cardiaque!

Augustin Giraud travaille à la ferme, un travail qu'il connait bien!

Son corps sera rapatrié et inhumé dans la nécropole de Sarrebourg, là où reposent les corps des prisonniers morts en captivité et non rapatriés dans leur village natal.

 Mort des suites de ses blessures.

Une erreur sur sa fiche Mort pour la France. Capturé en août 1914, comment mourir de ses blessures 4 ans après? . Sur sa fiche de captivité, la Croix Rouge déclare le décès suite à une défaillance cardiaque.

Il y aurait une confusion avec un des lieutenants du régiment qui lui-aussi s'appelle Augustin Giraud et qui est blessé grièvement

03 giraud a

La nécropole de Sarrebourg, là où reposent tous les prisonniers morts en captivité en non rapatriés dans leur village. La statue sculptée par Fredy Stoll,  un prisonnier du 347ème ri  interné à Grafenwörh, se trouvait dans le cimetière du camp. Après la guerre, elle fut rapatriée à Sarrebourg et veille toujours sur les corps des soldats. C'est la soldat Philippe Adde, du 40ème ri, qui a servi de modèle.

10 giraud 1

 

 

 

25 mars 2023

* Disparus?

Disparus … 

   

Terme tué à MalimboisLe cas de Joseph Terme

« Disparu », en langage militaire, ce terme signifie que, sans préjuger de son sort, le soldat n’est pas présent lors de l’appel effectué après le combat. Est-il mort ? Blessé ? Prisonnier ? Au cours d’un engagement, nombre de soldats perdent le contact avec leur unité, un épiphénomène accentué lors d’une retraite chaotique. Ces « égarés dans les lignes ennemies » tentent de rejoindre leur régiment par leurs propres moyens et, après une longue errance, rentrent dans les heures voire les jours qui suivent.

Joseph Léon Terme est de ceux-là. Ayant perdu le contact lors de l’affaire de Lagarde (son baptême du feu le 11 août 1914), il ne reprendra sa place de combat au sein de sa compagnie qu’après l’appel réalisé après le regroupement des hommes d’où sa qualification de « disparu » dans les archives militaires. Considéré disparu au combat de Lagarde.

Il sera  tué au combat de Malimbois. Bien qu'inhumé dans la nécropole de Vaux Racine, il y aura un jugement du tribunal afin de fixer la date de son décès!

 

Les disparus dont on ne retrouvera jamais le corps

Saint-Etienne de Lugdarès 1914

La nécropole et l'ossuaire de Douaumont, des sépultures individuelles et un ossuaire pour les restes humains. Des disparus et la tombe de  Cyprien Bourret .

 

 Lors de l’assainissement des champs de bataille, des corps ainsi que des milliers de restes humains sont relevés. Les dépouilles identifiables recevront une sépulture individuelle, pour les autres, des ossuaires seront édifiés afin de leur donner  une sépulture décente.

 

Et les autres?

Mais des cadavres ne seront jamais retrouvés et reposent encore dans la terre de leur martyre. Comment récupérer un corps dans un cratère d’obus nivelé par l’explosion d’un second ou dans un terrain ulcéré par l’explosion d’une mine souterraine de plusieurs tonnes de dynamite?

St ET 1914

  On remarque la pelle de tranchée et le fusil au milieu des douilles d’obus. Même si des victimes ont reçu une sépulture provisoire par leurs frères d’armes, les circonstances ne permettront pas toujours de les retrouver. Leurs corps, comme les 300 000 non retrouvés, reposent encore là où ils sont tombés.

 

 «  On l’avait faite de deux branches cassées avec un clou arraché du soulier, un brin d’osier, une ficelle. Cela ne tenait pas, le clou a rouillé et le bois s’est fendu. La pluie est tombée si longtemps que le lien pourri a cédé. Il n’y a plus de croix ». Ceux de 14, M. Genevoix.

 

saint etienne de lug 1914

 Souvent, une bouteille contenant des informations sur l’identité du défunt est  déposée dans la tombe. D’autres fois, un plan est dessiné avec des indications « À gauche du poste de commandement, en arrière du boyau, à droite des arbres… ».  Sera-ce suffisant pour les retrouver ? Non!  Le terrain ayant tellement été bouleversé que les arbres ont disparu, les tranchées nivelées....d'autres creusées sur le site.

 

Fixer la date de leur décès.

Jean Boulet, tombé à Luyghem et resté dans la boue de l’Yser, Joseph Darbousset, enseveli dans l’éboulis de la tranchée lors d’une explosion d’une mine souterraine, Joseph Coudeyre, disparu en mer lors du torpillage du transport de troupes Amiral Magon qui l’emmenait vers la Grèce…. ne sont que quelques exemples parmi les disparus du village.

 

Le jugement concernant le soldat Jean-Louis Boulet disparu à Luyghem (Yser) en Belgique.

jugement Boulet

 Ces soldats dont on ne retrouvera jamais le corps feront l’objet d’une procédure particulière. Afin que les familles puissent régler tous les problèmes résultant de la situation, un tribunal civil statuera et fixera une date de décès pour le disparu.

L’épouse, sans ce jugement, est toujours considérée comme mariée et ne peut donc se remarier, les enfants ne peuvent être déclarés « Pupilles de la Nation » et leur instruction prise en charge par la Nation quant aux parents et à l’épouse, ils ne peuvent finaliser l’héritage des biens du défunt.

Sur bases de documents fournis par le Ministère de la Guerre, le juge du tribunal de première instance de Largentières (compétant pour le village de Saint-Etienne de Lugdarès) fixera donc une date qui correspondrait à la disparition du soldat.

 

Extrait du jugement retranscrit dans le registre décès de la Mairie

« Le dossier transmis par le Ministère de la Guerre expose que le nommé Boulet Jean-Louis, soldat au 1er régiment de Zouaves de marche, a disparu le 9 novembre 1914 à Luyghem (Belgique)  ainsi qu’il résulte d’un acte de disparition  dressé par l’autorité militaire...  Pourquoi l’exposant requiert qu’il plaise au tribunal de dire et déclarer que le 9 novembre 1914 est mort pour la France à Luyghem, Boulet Jean-Louis, fils légitime de Boulet François et Dumont Justine et époux de Justine Virginie Maria Dumont… Le jugement sera transmis et transcrit sur les registres courants des décès de la mairie de Saint-Etienne de Lugdarès…. Ce jugement tiendra lieu de l’acte de décès du militaire susnommé ».4

 

 Qui était Jean-Louis Boulet ?

Le 11 octobre 1910, Jean-Louis Boulet, appelé sous les drapeaux, quitte son village, embarque à Marseille  (en mer, les 12/13 octobre) pour rejoindre le 4ème régiment des Zouaves, le 14 octobre 1914, à Bizerte comme soldat de 2ème classe. Il sert en Tunisie du 14 octobre 1910 jusqu’au 24 septembre 1912. Entretemps, le 12 juillet 1912, il a été nommé Zouave de 1ère classe. Il rentre en Métropole  (en mer les 24/25 septembre) et est envoyé dans la disponibilité le 26 septembre 1912 puis dans la réserve active le 1er octobre suivant.

Un jeune marié

Ayant repris ses activités au village, il se marie le 24 avril 1914 avec Justine Virginie Maria Dumont. Quatre mois après, il part aux armées laissant derrière lui une épouse, âgée de 21 ans, enceinte et qui doit reprendre l’exploitation familiale! Une fillette naîtra en 1915.

 

 Nombre de jugements sont retranscrits dans les registres de décès entre 1920 et 1923.

Quelques extraits du jugement de  Jean-Baptiste Testud, disparu dans les Vosges, le 6 mars 1915

jugement Testud, saint-Etiennede Lugdarès

 

Des corps retrouvés...

Exemples au Linge, quelques croix pour situer l'emplacement des corps retrouvés.

a vosges

A l'heure actuelle, on retrouve encore des corps lors de travaux importants. Si le corps a conservé sa plaque d'identité, la famille, après recherches des services appropriés, sera contactée et le corps restitué.

 Sources

Mémoire des Hommes, les fiches décès.

Archives de la Croix-Rouge, fiches des disparus

Gallica, Les albums Valois, vue d'un champ de bataille, position de l'artillerie.

Mairie de Saint-Etienne de Lugdarès envoi du document après une demande. Merci.

Mairie d'Astet, envoi du document après une demande. merci

Photos et cartes postales anciennes, personnelles,

23 mars 2023

* Laurent Duny, mort des suites de ses blessures (la gangrène)

00 mort pour la FRLaurent Duny, mort pour la France

duny laurentson signalement lors de son service militaire

Fils de Jacques et de Elisabeth Virginie Gay, Laurent Duny, né le 24 août 1880 à Saint-Etienne de Lugdares, est issu d’une fratrie de 9 enfants. Il est signalé comme cultivateur de profession. Ses deux frères, Jean Pierre et Marius combattront également en 14/18.

Appelé par la conscription, classe 1900, il rejoint le 16 novembre 1901, le 40ème ri caserné à Nîmes (ou Alès) comme soldat de 2ème classe. Le 18 septembre 1904, muni du certificat de bonne conduite, il est envoyé dans la disponibilité et le 1er novembre passe dans la réserve de l’armée active. Revenu à la vie civile, comme certains jeunes villageois, il quitte le village pour trouver « de l’ouvrage ».  En 1906, il travaille à Langlade (Nîmes) et le 8 mars, il travaille au mas de Bellevue à Saint-Gilles (Gard) comme ouvrier agricole chez la famille Brun. Entretemps, il a accompli deux périodes d’exercices au 55ème ri, la première du 19 août au 15 septembre 1907, la seconde du 7 au 22 mars 1910.

 

Mobilisé

Le 3 août 1914, il est rappelé au 58ème ri mais vu sa classe, il doit refaire une remise à niveau tant physique que des acquis militaires. Il reste donc à la caserne jusqu’au 4 septembre date à laquelle, il est incorporé dans un renfort de 850 hommes qui rejoindra le régiment le 6 septembre et incorpore la 12ème compagnie. Le IIIe bataillon  très éprouvé à Lagarde puis à Dieuze est, en partie, reconstitué avec ces hommes.

 

Septembre

gondrecourt montage

La gare de Gondrecourt, montage

 

 Le 7, rassemblé en gare de Gondrecourt , le régiment  est emmené par voie de fer vers Longeville puis marche  vers  Bar-le-Duc. Le régiment prend sa place pour la bataille de la Marne.

Son baptême du feu

Le10 septembre 1914, nouveau combat, il faut enlever la "maison blanche" et pour cela....  « n’hésitez pas à franchir la Beuse  en passant à gué dut-on avoir de l’eau jusqu’au ventre, faites essayer d’abord par quelques hommes.  Dès que ce sera possible il faut grimper sur la pente opposée  et attaquer les Allemands à la baïonnette, saisissez l’occasion pour en finir »,  Une victoire au prix de 214 hommes hors de combat !  La poursuite de l’ennemi amène le 58ème ri dans le secteur  Montzeville, Malancourt, Esnes et  Avocourt…. Le front se stabilise.

 

le secteur

Le secteur occupé par le régiment

 

Le régiment évolue  dans le secteur,  organisant défensivement les lieux, se  positionnant en soutien d’attaque, se retirant brièvement à  Parois et  Recicourt comme réserve d’armée mais revenant chaque fois en ligne pour reprendre ses missions. Pendant cette période, le front est « calme », il n’y aura pas d’engagement direct  avec l’ennemi.

 

Octobre

Le 4 octobre  le régiment quitte définitivement ses emplacements  et glisse vers le Sud, se rapprochant  de Saint Mihiel, cantonnant  dans différents villages où à chaque fois il entreprend des travaux de défense creusant des tranchées, construisant des ouvrages de terre,  

Le 20, il est  à Villotte devant  Saint-Mihiel et y cantonne et  aménage le secteur Rupt .

 

Novembre

Le 1er novembre,  le régiment se dirige sur Malimbois (en face de Saint-Mihiel) pour y relever le 258ème ri. De concert avec le 40ème ri et par des relèves successives, les fantassins occupent  des emplacements sur la 2ème ligne et en réserve dans les environs de  Rupt . Lors des repos, les  hommes travaillent , creusent des tranchées renforcent les points de défense.

Le parcours de la (sa) 12ème compagnie

Le 6, la  12ème cie est en réserve sauf une section au passage a niveau sur la route de Rupt.

Le 7,   la 12ème cie est à Villotte pour la garde des GVAD

Le 9,  la 12ème est en réserve à Rupt  pour constituer la réserve de 2ème ligne

Le 12,  les compagnies  relèvent  le 40ème  pour occuper Malimbois  aux tranchées avancées

Le 14,  l’artillerie lourde ennemie bombarde les positions tenues par le 58ème ri. Heureusement sans grande conséquence.

Le 15, les compagnies de première ligne  reçoivent l’ordre de se préparer à monter à l’assaut des positions ennemies. Une compagnie de volontaires est formée pour partir en pointe.

 

chauvoncourt

Devant Chauvoncourt, le champ de bataille

 

L’attaque de Malimbois

Les bataillons reçoivent les emplacements dans les parallèles de départ pour leurs compagnies  engagées  ainsi que leur objectif. La 3ème compagnie, dont fait partie Joseph Terme,  doit jouer un rôle essentiel dans l’engagement. Elle sera appuyée par la 12ème compagnie dont fait partie Laurent Duny. Deux villageois au même endroit et qui connaîtront le même sort.

Le 16 , 4 heures du matin

Un début compliqué. Bien qu’en place dans leurs parallèles de départ, les compagnies ne peuvent atteindre leur point de départ à l’instar des sections de la 3ème compagnie  qui n’ont pu se porter  dans le petit bois triangulaire, la crête restant constamment éclairée par des projecteurs ennemis. Elles restent massées dans la carrière. Une seule section y parviendra. L’attaque est retardée.

Afin de préparer le terrain que devra franchir les lignes d’assaut, l’artillerie ouvre le feu: elle « ouvrira le feu vers les tranchées ennemies pendant 30 minutes puis allongera son tir  sur les deuxièmes lignes ».

A 14h20, le départ est donné. Malgré le travail des artilleurs,  les lignes d'assaut avancent difficilement  rencontrant une vive résistance de l’ennemi bien dérobé dans ses tranchées. L’artillerie allemande ouvre le feu afin de faire barrage. Ce feu extrêmement violent et efficace empêche les mouvements de certaines compagnies.

La 3ème compagnie doit déboucher sur le village de Ménouville . Sa section du petit bois tente en vain de se porter sur le village, elle est repoussée par le feu croisé des mitrailleuses, la section sur la crête qui se jetait dans le petit bois est refoulée avec de grosses pertes causées  par l’artillerie allemande, l’autre section est également arrêtée par les mitrailleuses du village, tous les gradés étant tombés, un sergent prend le commandement et la ramène en arrière avec tous ses blessés. La dernière section  de la 3ème cie occupant le petit bois fortement bombardé subit de grosses pertes et doit l’évacuer et se retire. Elles passeront la nuit sur leurs positions sur la crête.

La nuit interrompt le combat.

Le lendemain l’engagement est repris  dès 3 h 40, "La compagnie des volontaires" parvient à enlever une tranchée  mais perdue peu de temps après  au cours d’une contre – attaque ennemie. La 12ème compagnie (capitaine Masseille)  doit appuyer l’attaque de la 3ème compagnie sur Ménouville. Mais ses tranchées de départ, à la lisière NE du bois, sont occupées par des éléments de la 11ème compagnie,  ce qui empêche la 12ème compagnie  d’exécuter son mouvement avant le jour. Ayant à peine repris sa progression,   un feu violent d’artillerie l’arrête  au passage de la crête et l’empêche de se jeter dans le petit bois. Elle se retire dans la carrière avec les débris de la 3ème compagnie.

L’attaque générale ayant échoué, ordre est donné de la reprendre à 15h 30. La 8ème compagnie doit appuyer l’assaut sur le village de Ménouville

A 18 heures  le capitaine Masseile parvient à jeter  les 12ème et 8ème compagnies dans le petit bois à la tombée de la nuit et  débouche sur le village de Ménouville  mais éclairées par les projecteurs ennemis  et arrêtées par des feux croisés très violents, elles sont obligées de se replier vers les lisières du bois  qu’elles  essaient  d’organiser défensivement. Un feu d’artillerie trop intense  les empêche de s’y maintenir. Le capitaine  n’y laissant  qu’une section,  se retire dans la carrière voisine.

Le 18  à 4 heures,  force est de constater que l’attaque a échoué, les deux bataillons du 58ème sont relevés, les pertes sont très importantes.Parmi les blessés, Laurent Duny, une fracture (ouverte) de la jambe. Il est transporté vers l’hôpital d’évacuation n°5  de Bar-le-Duc. L’infection s’installe dans la plaie.  Il décède  le 28 novembre  à 5heures 07  « par suite d’une fracture de la jambe et gangrène » précise l’officier d’administration.  Il sera inhumé dans un  cimetière temporaire  puis transféré vers la nécropole de Bar-le-Duc.

 

jo 3 janvier 24

sa citation, "Mort pour la France des suites de ses blessures reçues à l'ennemi en faisant vaillamment son devoir"

Laurent Jean Baptiste DUNY vers 1901 copie)

Laurent Duny, photo datant de son service militaire

 

acte de décès hm

Extrait de son acte de décès rédigé à Bar-le-Duc et transmis à la mairie de Saint-Etienne de Lugdarès.

 .

nécropole de B le D

La nécropole de Bar-le-Duc et sa sépulture

 

Sources

 Merci à Mr. Boris VACHELAS, le petit-neveu de Laurent Duny

 

cartes postales et photos personnelles

28 septembre 2022

* Un mot du maire

Quel métier que celui de maire en ces moments !

  Auguste Palhon, maire  du village pendant la guerre 14/18.

 Auguste Palhon, le rôle du maire du village

 « Depuis la mobilisation je n’ai plus une minute à moi, la mairie m’occupe du matin au soir »

boulanger

Extrait d'une lettre du maire, chez le boulanger...

Entre les télégrammes qui le font lever par trois fois par nuit et les affaires courantes, le maire n’a guère le temps de s’occuper de son étude notariale. La guerre apportant son lot de tourments, chaque affaire courante prend des proportions énormes. Dès le mois d’août, conscient de toutes les difficultés qui pourraient survenir, Auguste Palhon adopte, avec son conseil municipal, une série de mesures pour soutenir la population

Il anticipe une éventuelle disette en limitant l’achat de pain « pour que chacun en ait un peu » et en commandant, sur le compte de la commune, 12 balles de farine qu’il revendra « au prix coûtant aux villageois qui en feront la demande ». Il fait également voter un crédit de 1 000 fr qu’il transforme en bons à distribuer à la population pour l’achat de pain.

aide aux épouse

Extrait d'une lettre , l'aide apportée aux épouses

Le départ des hommes pour le front, pour la plupart cultivateurs, laisse nombre d’exploitation familiales à l’abandon alors que la saison bat son plein. Qui pour pallier cette absence ? Les épouses relèvent le défi suite à l’appel lancé du Président du Conseil Viviani qui leur demande de « remplacer sur les champs de culture les hommes partis sur le champ de bataille ». Afin d’aider ces femmes, Auguste Palhon fait le tour du village pour trouver des volontaires. Son discours est entendu et constate-t-il « parfois 16 à 20 personnes (se présentent) pour lever des récoltes »

La solidarité n’est pas un vain mot !

3 morts

Extrait d'une lettre , l'anxiété des familles

 Mais bien plus que la crainte de manquer de nourriture, c’est l’anxiété générée par la présence au front d’un membre de la famille. Certaines familles reçoivent du courrier de leur parent monté dans le Nord-Est, d’autres sont toujours sans nouvelle, et « cette absence de nouvelle ne laisse présager rien de bon » et, lorsque le maire est informé par un courrier officiel, les villageois se pressent vers sa maison en quête d’un renseignement.

maison assaillie

maison

cp ancienneLa maison du maire  à gauche sur la carte postale et extrait d'une lettre.

Quelques extraits de son courrier

22 août 1914

Il est parti 160 hommes de la commune « sans compter les jeunes qui étaient au service »

« Nous avons déjà 3 enfants du pays blessés et qui sont dans des hôpitaux, 2 qui n’ont pas donné de leurs nouvelles et les parents redoutent la mort, un était dans les Dragons, l’autres dans les Alpins »

Le 5 septembre 1914

« Ici tout le monde attend avec anxiété des lettres, il y en a 9 ou 10 qui n’ont aps encore écrit depuis le 8 août, Bien d’autres écrivent, ils sont blessés et hospitalisés à Bayonne, Perpignan, Bourges,  les mères et les épouses sont dans la désolation ». « Aujourd’hui est une journée noire, la classe 14 part et les mères sont désolées »

Marius Antoine Jean, Jean-Baptiste Rieu, Louis Blanchon, Louis Vidal,Louis Darbousset, Pierre Roux,Toussaint Villesèche, Auguste Moulin....  sont de cette levée.

Le 20 septembre 1914

« Nos soldats au nombre de 15 ou 16 sont dans divers hôpitaux, 4 manquent à l’appel, sont-ils prisonniers ? On ne nous dit rien ! »

le 22 novembre 1914

« Chaque jour, nous arrivent des morts de nos jeunes gens et des hommes mariés, c’est épouvantable et au surplus nous en avons une dizaine prisonniers en Allemagne et 7 ou 8 dont on ne peut avoir de nouvelles »

La  mort d’un fils, d’un époux, d'un père.

prevenir

Le pli envoyé aux maires pour leur annoncer la mort au combat d'un de leurs administrés

 Le maire sera le premier averti par un simple pli envoyé par le Ministère de la Guerre et c’est à lui qu’incombera la difficile et douloureuse mission d’aller prévenir la famille.

« Monsieur le Maire,

J’ai l’honneur de vous prier vouloir bien avec tous les ménagements nécessaires en la circonstance, prévenir…. ; du décès du soldat… Je vous sais très obligé de présenter à la famille les condoléances de M. le Ministre de la Guerre et de me faire connaître la date à laquelle votre mission aura été accomplie.

Agréez Monsieur le Maire, l’expression de mes sentiments distingués ».

l_Auguste Palhon 003

Une photo en uniforme vers 1870, il semblerait qu'il soit officier. (recherche en cours)

 Qui est ce maire?

Auguste Palhon, né en 1847, il fait son service militaire en 1867 et participe à la campagne de 1870-1871. Il reprend l'étude notariale de son père (lui-aussi maire du village) tout en assurant la gestion de la commune de 1882 à 1919, un long mandat , 47 ans de gestion

Il sera décoré de la Légion d'Honneur... le jour de son décès en septembre 1924

 

Sources

Documents de la famille. Merci à M. Roche pour le partage

le pli administratif, Gallica

carte postale ancienne coll. pr.

 

 

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Les "Midis" de la montagne ardéchoise
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